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Une tradition en constante évolution : un dossier technique pour les passionnés ou les curieux !

Le renouveau de la boha a eu lieu dans les années 70. A cette époque les tonalités jouées se situaient autour du do et du sib. Vous pourrez avoir une idée du timbre de ces cornemuses en allant écouter l’extrait musical qui se trouve dans le paragraphe La boha de Jean Lestage. Les apprentis facteurs d’instruments ont tenté de reconstituer à l’identique les cornemuses retrouvées. Ces bohas par de nombreux aspects répondaient à des caractéristiques proches que celles des musiciens d’autrefois. Notamment la recherche d’un volume sonore puissant qui leur était nécessaire pour se faire entendre des danseurs à une époque où les sonos n’existaient pas. Mais pour nous jeunes musiciens qui jouions surtout en groupe et nous vivions généralement cette puissance sonore comme un inconvénient, un obstacle à notre pratique de jeu naissante. Nos voisins de jeu aussi, il était difficile à un violon ou une vielle à roue de se faire entendre lorsqu’une de ces bohas jouait. Dans les années 80, la plupart des accordéonistes ont choisi de passer du do/fa au sol/do et les tonalités des cornemuses ont suivi. En baissant d’une quarte, en devenant plus grave, le volume sonore a diminué mais le timbre s’en est trouvé énormément modifié. Il est devenu plus approprié à nos occasions de jeu mais plus éloigné de l’original.

Sur l’impulsion d’Alain Cadeillan au milieu des années 80, l’organologie de la boha a évolué et aujourd’hui la majorité des bohaires jouent sur des pihets à 7 trous de jeu plus la sensible à la place des 6 d’origine auxquels on pouvait rajouter la fenêtre d’accord.
Ce bricoleur de génie, a réussi, par un astucieux système de bouchons, à élargir les possibilités de l’instrument en ouvrant de nouveaux trous de jeu. Et puis, il a également mis au point la possibilité de d’accorder le brunidèr en mode mineur et mis au point un bourdon de poche. A la fin des années 80, l’instrument dont il avait besoin était achevé.

Pour ma part, me basant sur ses recherches, j’ai développé de nouvelles possibilités ; une note supplémentaire sur le brunidèr, le choix d’une sensible ou d’une sous tonique sur tuyau mélodique.

La dernière création que j’ai mise au point date du milieu des années 90 c’est l’accord du mode plagal. A cette époque, nous avions de nombreuses mélodies de notre répertoire en mode dit « plagal » que nous ne pouvions pas jouer. Sans vouloir trop rentrer dans des détails solfégique, une petite explication s’impose ! La tonalité est Do mais la gamme est Sol, la, si, DO, ré, mi, Fa (et non fa#) et enfin sol. A partir du moment où nous avons pu jouer le fa nous pouvions jouer ces mélodies sur notre cornemuse en sol que nous accordions en gamme de do. Le problème était la puissance du bourdon en sol puisque nous ne pouvions plus fermer le trou de jeu (Ré). Dans un premier temps je résolu cette question en rallongeant le brunidèr (cf. ci-dessus) ce qui m’a donné un Do mais je trouvais que je perdais le caractère du jeu rythmique avec un bourdon qui par définition produit un son continu. L’envie m’est alors venue de développer le principe bourdon de poche mis au point par Kachtoun et d’ajouter une basse en tonalité de do. De sorte, en « m’appuyant » sur ce bourdon j’ai pu jouer le bourdon variable accordé sol/mi. Créant ainsi une nouvelle couleur sonore à notre boha.

C'est cet accord que vous pouvez entendre en ouvrant cette page.